Des déserts froids de nuit
Aux rives du lac opalescent
Sous la lumière brumeuse
A progressé la voyageuse
Puis s’est arrêtée
Attirée par un reflet
Comme dormant
Sur les eaux tranquilles ;
Visage incongru,
Douleur en sillons d’années,
Blessure nue.
Le double, immobile,
Projection hideuse,
Se laisse contempler
Hors du temps.
S'est vue, proche si proche
Du reflet sombre,
O le frisson de la voyageuse !
Détruire, se détruire !
Que les cailloux jetés
Transportent ailleurs
En cercles infinis
Le spectre du présent,
Enferment dans la vase
L’image d’un instant !
Se détourner
Et là-haut regarder
Ces vaisseaux si légers
Qui emportent avec eux
Les regets, les tourments,
les attentes inutiles,
Les contempler et oublier
Les incessantes questions
Les fausses certitudes
Qui rougissent les yeux d'illusions
Et les ferment sur les rêves avortés !

S’est éloignée la voyageuse
Cherchant sa route
Comme perdue
Sur celle des nuages gris, si bas,
Qui entravent le jour
Avançant toujours plus loin
Vers ces déserts chauds de lumière,
Abri des tumultes du coeur,
Jusqu’aux rivages apaisants
De la mer.

Illustrations photographiques : bref aperçu du spectacle "Impressions" , sur le" lac de l'ouest " à Hangzhou, (Chine), dont je presenterai d'autres photos. Je précise que celles-ci sont venues en appui du texte déjà écrit et non l'inverse.
LASIDONIE
Votre trace ici - Leur trace ( 7 ) - Par lasidonie - Publié dans : poésie libre - Communauté : Poésie française





