courts textes en prose

Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 17:52

Parmi les anciens et tous premiers écrits de ce blog, celui-ci revient en permanence dans les consultations du web, je ne résiste donc pas à la facilité du "réchauffé" d'autant que les commentateurs d'alors se sont dispersés au fil du temps !

En ces jours prochains ce mot va fuser de toutes parts comme bulles de champagne aussi je vous l'adresse ici : AMICAL BISOU à vous qui passez régulièrement .


P1000670-table.jpg



 

Histoire de Bisous



D'abord il y a

 

Le bisou banal, signature en multiples exemplaires de ces cartes postales envoyées de vacances, finale convenue de quelques mots griffonnés à la hâte entre deux visites,ou

Le bisou amical celui ci, pour clore une petite conversation téléphonique. 


Puis il y a

 

Le bisou chaud, délicat, que l'on dépose sur la joue de l'enfant, pour un petit calin et le bisou rassurant, prolongé, du dodo pour le tout petit qui ne peut s'endormir 

ou

Le bisou affectueux, tendre, adressé à ceux qu'on aime et qui sont loin, parents, fils, filles. 

Ensuite il y a

 

Le bisou d'amour que les jeunes époux échangent à tout instant, comme ça, pour rien, pour le plaisir, pour se montrer qu'ils s'aiment,ou

Le bisou rituel du soir, échangé pour une bonne nuit souhaitée lorque l'habitude s'est installée dans le lit d'un vieux couple.

 

 Enfin il y a

 

Le bisou timide, à la douceur déguisée,  parfois même s'habillant de  pluriel, qui se cache derrière la bise amicale, mais discret et si secret !

C'est celui qui recèle des trésors , riche de futurs qu'il ne peut ou ne veut dévoiler !

 

 


Image Hosted by ImageShack.us

 

LASIDONIE


Votre trace ici - Leur trace ( 13 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 01:02

pap.-jaune.jpg

  La pensée est comme envol de papillons à l’orée de leur vie, libres de suivre la fantaisie de l’instant ; leur arabesque trace dans le ciel une ligne invisible dont bientôt un peu de la poussière colorée de leurs ailes marquera le dessin. Nés dans un monde de silence, qui s’ouvre sur la lumière ils rejoignent peu à peu l’autre, qui se referme sur l’ombre.

 Parfois, la beauté, le gracieux de l’un retient l’attention, on ne sait pourquoi ; On le suit sur des chemins imaginaires. Ma pensée les emprunte sur ce fil fragile, ténu, tendu entre deux silences à travers l’espace ; lien mystérieux, langage déshabillé de mots et suffisamment clair cependant pour entrer en résonance si, quelque part, une autre pensée vibre aussi, silencieuse, dans la même direction, capte le message muet, le renvoie en partage.

pap-rouge.jpg


 

 






Mais la vie du papillon est brève, le fil de la pensée perd de son rêve, se distend, n’a plus de la réalité que le souvenir de ces ailes de soie, irisées, éventails lumineux variés à l’infini, se refermant, l’heure étant venue,  ou jolis cerfs-volants inertes face au vent..

pap-bleu.jpg

Ainsi se croisent, se rencontrent, ou se perdent, les papillons de l’esprit, tellement proches de ceux du cœur.

 

 

Lasidonie

 

 


Votre trace ici - Leur trace ( 8 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 10:00
>


A quoi bon ?
Comment mieux résumer le profond sentiment d'impuissance qui envahissait Clémence.

A  quoi bon  forcer ses jambes à faire des pas quand on ne sait où aller
A quoi bon  obliger son bras à tenir la plume s'il n'y avait plus rien à écrire
A quoi bon s'efforcer de garder les yeux ouverts quand ce qui leur est offert est désespérant de laideur
A quoi bon tenter de garder son esprit en éveil quand tout s'obscurcit, que le néant est le seul vrai du temps

Ainsi pensait Clémence en ce début d'aurore, le corps et l'esprit anéantis. Bientôt les bruits de la vie au dehors allaient réveiller le jour, secouer la torpeur de la nuit. Elle les entendait ceux qui allaient lui dire "Regardez le soleil, le dessin des nuages dans le ciei entendez les pépiements des oiseaux, la chanson apaisante du ressac sur la plage  ou celle vivifiante du vent dans les cîmes, sentez l'odeur de la terre chaude lorsque l'ondée vient la rafraîchir, celle de l'herbe fraîchement coupée...Et puis n'aimez vous plus le goût du fondant au chocolat,  le moelleux des pommes caramélisées, leur 
saveur sur la langue?

Tout cela oh oui elle le devinait ! Tout cela elle l'avait aimé, s'en était enveloppée pour fuir ce qui la poursuivait, se créer une barrière protectrice, se donner du sens... Tout comme elle avait tenté de le trouver dans ses rêves. Clémence avait un temps fait de ses rêves l'étendard de sa révolte, et elle avait voulu y croire, croire qu'un jour ils seraient sa réalité.

Là est la plus grande des erreurs ! Le rêve n'est que fantaisie de l'imaginaire, il ne peut combler, ni se substituer à la vie. En faire le but de son existence  était la pire des sottises. De même qu'écouter
tous les gens sensés, bien intentionnés, qui lui feraient remarquer qu'il suffit de ne pas regarder son nombril, que la misère, la souffrance sont les choses au monde les mieux partagées et que le pire existe toujours ailleurs !
Se pencher sur les autres ? Noble alibi pour ne pas "se voir", se mesurer à soi ; Clémence avait triché avec elle-même.
Le
à quoi bon, revenait comme un leitmotiv.

A quoi bon chercher une aide auprès d'autrui, s'accrocher à de possibles ou improbables amitiés ! Personne, ni Dieu, ni Diable, ni même ses proches, ne pouvait vivre à sa place, sentir à sa place, décider à sa place.
Elle ne devait rien attendre d'autre que ses propres forces et celles-ci l'abandonnaient. Son corps avait vieilli, vite, trop vite, ses paupières s'abaissaient vite, trop longtemps, son esprit tournait , tournait jusqu'à épuisement, jusqu'à se vider de toute substance...

Alors à quoi bon ? Pleurer, elle l'avait tant fait que ses yeux étaient secs, Crier ? Sa voix s'était éteinte dans le désert de l'incompréhension !
 Non, à quoi bon Résister ? A l'impossible nul n'est tenu pensa Clémence en cette aurore qui deviendrait NUIT!


Lasidonie






Votre trace ici - Leur trace ( 8 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 00:31




Les beaux "Dimanche"


 

 

Image Hosted by ImageShack.us

 

Avez-vous connu ces beaux dimanches d’autrefois, rituélique rendez-vous des « visiteurs de nefs » convaincus ou à convaincre, dames chapeautées, messieurs cravatés. On se fait un passage obligé : être là ; Les « belles familles » ont leur nom gravés sur les prie-dieu, les autres, les autres : Dieu reconnaîtra les siens. Les pensées suivent les volutes de l’orgue, s’envolent avec le parfum de pâtisserie ; les gestes s’accomplissent pour la plupart machinalement. ITE : s’il fait beau on papote sur le parvis, on se salue. Et l’on s’en va savourer, l’âme en paix, le repas arrosé familial.

Cocon rassurant, moule parfait dans lequel on se coule jusqu’au soir, bon, doux, partagé.


Et puis aussi ces beaux dimanches, repère heureux de la semaine pour travailleurs harassés ? Eveil lascif que l’on prolonge dans la tiédeur des draps, que ne vient troubler aucune autre sonnerie que celle du ronron du chat lové sur la couette, paresse du matin autour des tartines ; le temps, ce temps après lequel ils ont couru, il est là dans leur main pour en façonner du bon, du doux, à deux, partagé.

 

Image Hosted by ImageShack.us

Vous connaitrez  j'espère, ces beaux dimanches inexistants sur le calendrier, passage d’un jour parmi les autres jours pour ex-travailleurs inoccupés. On traîne, on flâne aujourd’hui comme hier, comme le mois dernier ; Le temps lui aussi n’a d’existence que sur les pages que l’on tourne, sur les visages que l’on a peine à reconnaître dans le miroir improvisé d’une vitrine léchée.

Ce dimanche rêvé les trois quarts de la vie a perdu l’attrait de l’attente. Mais il est encore bon, il est doux, partagé.


Mais dans l'immense sablier d'une vie restent ces faux dimanches qui traînent sur le cœur comme le fond de crème aigrie du gâteau entamé.

Dehors c'est soleil, mains serrées,  jeunes, moins jeunes, ridées aussi, Chacun respire, à pas mesurés, accordés, ce beau, ce doux moment partagé. 

Dedans, c'est tristesse, angoisse, ravivée par les images de la vie des autres, de celle d’autrefois, ce jour là.


Image Hosted by ImageShack.us

Contraste saisissant, insupportable, qu’on préfère étouffer en se cachant, s'isolant. Car dans les têtes, dans les pensées :

Il n’est pas jour comme un autre,

Et il n’est plus ni bon, ni doux, ni partagé,

C’est le dimanche des solitudes.

 


Image Hosted by ImageShack.us

 Lasidonie


Votre trace ici - Leur trace ( 14 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose - Communauté : papierlibre
Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 00:00





Image Hosted by ImageShack.usFormentera : ils croquent aussi la pomme



---Dis, comment ça naît une histoire d’amour pour les grands ?

---Il y avait une fois un  jeune prince prisonnier d’un palais bien triste, enfermé là par une méchante magicienne…

Et

Il y avait une fois une princesse imprudente, perdue dans un coin de forêt aux arbres inquiétants, à la recherche d’un chemin bien clair.

Un jour…

Ceci c’est le début de ce qui n’existe que dans les contes car dans les contes tout peut arriver

---Dans la vraie vie Alors ?

---Dans la vie ? Pas de prince ni de princesse,  des jeunes ou des moins jeunes ou des bien vieux, qu’un mystérieux doigt désigne et guide les uns vers les autres. Pas de palais, une forêt peut-être, il y a tant de sentiers, de carrefour s dans une forêt, de clairières pour s’y attarder ! Et puis une forêt, de nos jours ça naît partout, même dans les villes, même sur les écrans, on peut même s’y perdre !

Un jour ELLE croise LUI et tout commence…

---Se croiser ça suffit alors ?

---Non, ensuite un petit quelque chose d étrange, invisible, les fait s’arrêter au même endroit, se regarder, se sourire parfois, et autour d’eux tout disparaît du décor, des bruits, comme par sorcellerie. Ils sont face à face,  le silence danse sur leur musique qu’ils sont les seuls à entendre.

Mais s’ils sont distraits, sourds, trop malheureux, ils passeront l’un à côté de l’autre, ne verront, n’entendront rien…Leur histoire aura fini avant d’avoir pu naître !

---Dis, tu es sûre, Alors, il suffit de ne pas se promener le nez en l’air ?

---C’est un peu çà. Mais tu sais, le début ne fait pas l’histoire toute entière et la fin ne dépend plus du doigt qui l’a fait commencer…

---Pff , Trop compliqué ! C'était la vie d'avant, grand-mère ? C’est mieux quand tu expliques les contes, LUI et ELLE se rencontrent toujours, et à la fin ils sont toujours heureux ! Pff, Moi, mon amoureux, il est dans ma classe, juste assis derrière moi tu sais, il m'aide pour le cacul, moi pour la rédaction. On s'aime bien.

Dis, elle a commencé comment, la tienne, d'histoire, grand-mère ?

---Oh, çà, c’est un secret, je le garde au fond du coeur...


LASIDONIE

 

 


Votre trace ici - Leur trace ( 5 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /Nov /2008 00:18

Image Hosted by ImageShack.us
 
  Un bref moment de vie surpris, et les mots qui se forment...

 
  Il était là, à contempler cet horizon tourmenté, comme attiré par les rouleaux dont l’écume grisailleuse, diffuse,  embrumait ses pensées. Ce début d’automne, présent dans les buissons roux, tristes témoins clairsemés d’un été joyeux, lui renvoyait son image : une âme abandonnée aux heures enfuies. Les rêves d’autrefois roulaient avec la houle dans sa mémoire.
 ELLE, Il ne voyait qu’ ELLE. Ses yeux la devinaient dans les nuages, dans l’échappée de bleu que le ciel, comme vainqueur de l’orage imminent, laissait deviner ça et là. Il l’entendait dans le ressac des vagues projetées sur les rocs, les soupirs de son fidèle compagnon qu’elle lui avait ramené un jour en riant «  regarde, il a la couleur de mes cheveux, il m’a choisie mais je te le donne pour que tu penses chaque jour à moi ».
Elle s’était envolée avec les dernières lueurs du soleil d’été…
Les effluves d’iode renvoyés par un vent de plus en plus menaçant aujourd’hui, le ramenaient toujours sur ce bord de mer où ils s’étaient retrouvés. Un peu de son parfum y flottait encore. Et il le respirait…



Lasidonie (texte 2006)
@@@@@


IMPROVISATION


 

  La lecture ce matin, chez un ami du Net, m'a fait écrire quelques mots devenus peu à peu texte étoffé ! Je le dépose ici  : Ils cadrent aussi avec ce  qui précède :


Y a-t-il des possibles dans l’ailleurs 

Alors que le cœur

S’est effrité en poussières d’heures

Particules soulevées, emportées

Absorbées

Par le néant effroyable ?

Il est un temps inéluctable

Où la porte des possibles

Se ferme sur les rêves

D’aurores à découvrir,

Où ne peuvent s’assouvir

Que les désirs

D'oublier les parfums d'ailleurs

De pouvoir renoncer

Enfin

A ce qui est soif et faim !



16 Nov.2008

Lasidonie



Votre trace ici - Leur trace ( 9 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 00:00


" Ils parlaient tous à la fois et leurs voix insistantes, contradictoires, impatientes, rendaient l'irréel possible, puis probable, puis indubitable, comme font les gens quand leur désirs sont devenus des mots "

W. Faulkner ( Le bruit et la fureur )

"A tale..full of sound and fury" C'est une histoire pleine de bruit et de fureur" (Shapkespeare--Macbeath.--)

****


 Ce roman fut ma première découverte de cet écrivain. Par association d'idées, j'ai pensé à l'expression "Etre saoul de paroles" ...


Elle ne l’écoutait plus.

Cela faisait longtemps qu’elle ne l’écoutait plus ! Elle l’entendait, ou plutôt, elle percevait des sons. Certains jours ils étaient ronronnement. Oh ! Pas celui caressant du félin venu se nicher dans le creux du cou, avide de tendresse, de chaleur douce, mais celui lancinant, sourd, du moteur qui n’en finit pas de démarrer. Parfois la mécanique défaillante demandait le coup de pédale supplémentaire qui transformait le ronronnement en rugissement : Celui du fauve prêt à bondir. Brusquement tirées de la torpeur ambiante, des  bulles de mots jaillissaient. Hélas ! Rien à voir avec le pétillement qui fait frémir le palais, devient picotement sur la langue avant de ravir la gorge, réjouir la tête. Ces bulles lui frôlaient le tympan avant d’éclater d'un coup sec, sans couleur, sans saveur, en perdant leur raison d’être : signifier.

Elle pouvait alors laisser son esprit jouer à saute-mouton, se faufiler entre les trilles, esquiver le déferlement des torrents tonitruants pour atteindre en pensée les paradis mélodiques, reposants, où les notes sont de miel, enveloppent de velours. Le plaisir en était difficile d’accès. Il en avait encore plus de prix : Le bruit autour d’elle n’avait de cesse de faire valoir ses droits, la harcelant de sonorités en pluies cycloniques.


Image Hosted by ImageShack.us


Oui c’était ça, pensait-elle, l’ouragan, la tornade qui enserre, emporte en tourbillonnant, pas d’autre image pour résumer l’impression de ces moments, où les degrés auditifs montaient par paliers jusqu’à devenir vague de fond. Elle la submergeait. La force assénée, répétitive, faisait perdre, en total paradoxe, toute force au sens des mots, inaudibles.


Image Hosted by ImageShack.us


Un seul désir : Laisser la vague se briser sur la grève silencieuse pour que seule lui parvienne la musique de son cœur…celle qui faisait valser ses rêves.

Celle là elle l’écoutait .


LASIDONIE

 





Votre trace ici - Leur trace ( 9 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 00:30



Image Hosted by ImageShack.us



   Petit matin d’août. Les premiers signes annonciateurs du jour traversent les hauts feuillages des chênes, s’infiltrent dans la chambre par l’interstice des volets entrouverts. Un rai de clarté, timide intrus, se dessine en oblique pâle sur le mur, progresse en éclaireur, comme pour prendre ses marques avant l’arrivée de l’armada solaire. L’air encore moite des douceurs de la nuit laisse s’évanouir des senteurs indéfinies, amalgamées, de végétaux, de sol terreux, humides ;  Quelques bruits assourdis, espacés, signalent le proche réveil des êtres et des choses.

 Le temps semble suspendu dans cette frange délicate, ouatée, qui borde l’ombre, frôle la lumière. La conscience, imprégnée de ses rêves, peu à peu émerge des profondeurs du sommeil, invite à prolonger encore un instant cette promenade entre deux rives qui sent bon l’apaisement. Les songes éveillés ramènent les images heureuses du passé, ou celles nées des désirs informulés qui ont pris vie dans l’irréalité, avec la force des constructions idéalisées. Confuse sensation de devoir quitter un monde de tiédeur douillette, pour basculer dans un autre, plus rude, trop connu !

Au fil des minutes l’aurore prend possession des lieux, se pose partout jusqu’aux moindres recoins, force le barrage de mes paupières, jusqu’à le faire céder. Sa caresse est si tendre sur les yeux, que leur faible résistance est vite brisée.  Grande envie d’ouvrir grand ceux des fenêtres pour laisser entrer les odeurs, les premiers pépiements d’oiseaux, mieux respirer la brise matinale d’été, faible et frais murmure en frissons sur la peau découverte. Je laisse mon esprit vagabonder, d’images en images,  passant de l’une à l’autre en total illogisme.

 Le bien-être envahit mon corps engourdi. Comme il serait agréable de goûter plus longtemps au doux baiser de l’aurore, de retarder la proche percée des rayons du soleil et leur cortège de rumeurs croissantes. Bientôt ils rendront intenable l’atmosphère paisible légère et fraîche de la chambre, envahiront les murs, projetteront leurs spots violents sur les niches d’ombre, violant sans vergogne mon espace de repos.

 A l’extérieur le grand jour, rayonnant, impatient partenaire ou adversaire de mes joutes quotidiennes, n’attend plus, il m’attend. Vite, refermer les volets, mes volets, quelques heures, quelques minutes…quelques...


Image Hosted by ImageShack.us

 

LASIDONIE



Votre trace ici - Leur trace ( 13 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 00:01

 

ELLE

 

" Vouvoiement, promenade à pied, endroit charmant, il ne va pas tout de même pas me la jouer romantique, c’est du cinéma ! Il est plus expéditif dans sa lettre précédente. Décidemment il est bien étrange !  Et puis … ‘’Missy ? Amoureux’’ ? Y aurait-il déjà quelqu’un dans sa vie ? Le  nom de sa petite fille ? Pas de sa femme tout de même ! Une chienne peut-être ? Il me désarçonne complètement. Curieux, ce lac je ne le connais pas. Un lac ! Plutôt un plan d’eau ! Que d’exagération, mais j’aime bien aussi. Toujours de superbes reflets sur ces eaux calmes, des couleurs qu’on ne voit nulle part ailleurs, et du calme…lui qui dit aimer les villes ! Je me demande la tête qu’il a ! Me voilà partie une fois de plus dans les songes. Bien, Est-ce que je lui réponds ?

Pourquoi pas, laissons faire le hasard."

Image Hosted by ImageShack.us


C’est ainsi que par un bel après-midi ensoleillé d’automne indien, Elle et lui se rencontrèrent. Ils empruntèrent comme prévu le petit sentier ombragé ; Quelques saules roux éparpillaient à la surface de l’eau un feuillage délicat. Il faisait doux. Le seul bruit qui ajoutait à la vie végétale de l’endroit était le cri aigu de quelques mouettes venues de la mer proche plonger et repartir, ou celui d’une colonie de canards. Tableau idyllique pour susciter un rapprochement. Jouant parfaitement l’un et l’autre un jeu policé  ils échangèrent quelques confidences. Elle apprit que Missy était sa chatte, qu’il l’avait trouvée à la SPA, que sa voiture préférée, celle qu’il craignait tant de perdre au point d’en rêver, était une moto avec laquelle dés que possible il allait dans les pyrénées ! Quant à lui, il sut qu’elle adorait "Fripon "le chien terrier que ses enfants lui avait offert, qu’elle ne dédaignait pas de temps en temps un bon repas dans un restaurant un peu chic, dans une ambiance musicale, qu’elle détestait y dîner en semaine préférant un peu d’animation ; En somme ces deux là pouvaient faire un plus long chemin ensemble .

Oui mais…

Ils surent au premier regard qu’ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre.

Du haut de ses 1m78, limités aux semelles de ses mocassins, elle plongeait sur les 1m62 de l'inconnu à la moto.  Pas très dérangeant si l’on y réfléchit, mais rien, vraiment rien, ne passa dans les regards échangés, les voix entendues, rien de ce petit déclic qui illumine les yeux, donne envie de s’attarder sur l’autre, d’aller à sa rencontre en profondeur...

 

 Aucun sentiment ne peut naître sans l’étincelle spontanée,  affinités ou pas ! La première, l’originelle, modifia totalement la vie matérielle de nos lointains ancêtres, l’autre, celle qui fait briller les cœurs, est la seule qui magnifie la vie des " Elle avec LUI "…

 


LASIDONIE

 


Votre trace ici - Leur trace ( 9 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 00:00

 

Voici une suite au texte précédent, celui opposant  ELLE à LUI.
lunatiquebleue.over-blog.com/article-17299669.html


  Quelques temps plus tard…

 

Image Hosted by ImageShack.us

ELLE

 « Tout de même, IL m’intrigue ! Comment peut-on être aussi basique et aimer les chiens ! Cette question, c'était pour  tester sa sensibilité et apparemment sa réponse laisse supposer qu’il en a. Elle  cadre mal avec ce côté « rentre dedans », tellement direct, abrupte même ! Ce tutoiement, sans se connaître, curieux !  Décidément, cet homme, plus j’y repense et plus j’aimerai en savoir d’avantage.

Sensible, sensible ? on a vu des êtres détestables adorer des animaux et se montrer glacial avec leurs semblables ! Il semble totalement fana de technologie, un matheux sûrement !   Voilà encore que je m’encombre l’esprit avec des choses inutiles; détestable de balancer entre des contraires. Lui , à l’air d’être « droit dans ses bottes » ! Ah ! Si au moins de temps à autre il pouvait apprécier autre chose que le bruit de son moteur ! Je pourrais tenter un nouveau contact… »

LUI

«  Quelle rêveuse, le genre à passer des heures le nez en l’air à contempler le vide !  Bon sang   il y a tant à faire dans une journée de plus concret. ELLE  me semble complètement hors de la réalité, fragile peut-être, naïve c’est sûr ! Elle y a crû au tableau que je lui ai suggéré puisque je n’ai plus eu de réponse. Une façon de la tester. Pourtant  j’ai un peu forcé la dose, nom d’une pipe ! Elle aurait dû le voir d’après ma dernière phrase. Mon hameçon n’a rien donné.
Bof, je ne vais pas me triturer la cervelle avec cette histoire à dormir debout.

Tout de même, si c'était une femme fragile ? Ca donne envie d’être le bras protecteur,  qui rassure. Elle aime les sensations fortes, les émotions, je pourrai lui en donner en l’emmenant assez loin avec ma moto
dans des coins de montagne que j’aime bien--- je ris en repensant au récit que je lui ai fait de mon cauchemar urbain !--  Du vide, là elle en verrait, et de la belle nature aussi…

Allez, c’est dit je la re-contacte »
 
«  Je viens vous tirer peut-être de vos rêveries ! Nous avons semble-t-il un point commun, il pourrait y en avoir d’autres que vous et moi pourrions découvrir  -- je pense que vous préférez le Vous, n’est-ce pas ?---  Missy, m’observe, intriguée de me voir écrire, c’est si peu fréquent ! Nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre au premier regard, et depuis nous vivons ensemble. Donc je vous propose  que nous fassions réellement connaissance. Tenez, le long du petit lac d’agrément du grand complexe résidentiel immobilier qui s’est ouvert récemment il y a un sentier de promenade, nous pourrions y faire quelques pas ? Ce ne sont pas de grands espaces mais c’est charmant. Qu’en dites-vous ? »

( à suivre)


Que va-t-elle penser,  cette rencontre aura-t-elle lieu ? Qu'en résultera-t-il ? Demain la  réponse finale.


Lasidonie

 


Votre trace ici - Leur trace ( 4 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 22:51

 


Quelques jours de fort Mistral
, un matin très gris au dedans, un peu comme chez Verlaine dont j'emprunte l'expression, les mots surgissent...

  Le vent cogne à ma fenêtre, pousse, secoue, fait trembler la barrière vitrée, rempart bien fragile pour de vifs assauts. Sa fureur grandit, sa voix enfle devant la résistance que lui oppose l’assaillie. En de violentes bourrasques de dépit sa vengeance se libère, s’attaquant aux timides rameaux, faisant s’enfuir à toute volée les petites pépites de mimosas, et périr les premiers vulnérables bourgeons.

Image Hosted by ImageShack.us


Son déchaînement n’a aucun frein, aucune limite. Il lui faut une victime à sa mesure : Le pin, là bas, chenu, un peu penché mais encore heureux de pouvoir capter la lumière du haut de sa belle stature, de dominer ses jeunes congénères. Le vent, le vent méchant, concentre sa puissance et d’un souffle glacé, long, tenace, accompagné d’un sifflement moqueur, en César victorieux fait baisser la tête du vieil arbre jusqu’à terre, puis l’achève dans un fracas  de membres arrachés.
 

Image Hosted by ImageShack.us


Le vent cogne à ma porte, pousse, secoue, fait tournoyer mes pensées comme feuilles noircies ; Vent exacerbé de la mémoire s’insinuant dans les interstices heureux du présent, pour en fragiliser l’apaisement ! Vent du grand large soulevant des vagues d’images, les projetant au regard du cœur pour les en retirer aussitôt en un reflux violent ! Le vent mauvais s’acharne sur mon esprit, sélectionne les armes qui font mal, m’entraîne dans une dérive épuisante.

  Ni portes, ni fenêtres, ne sont forteresse suffisante pour repousser de telles attaques ! La lutte est inégale : Se soumettre, attendre que, lassé, cet Attila immortel, choisisse une autre proie à détruire, tel est notre destin, tel est mon destin…


LASIDONIE

 


Votre trace ici - Leur trace ( 13 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose - Communauté : papierlibre
Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 00:07

  

  Voici un court texte écrit pour un exercice d'atelier d'écriture : Dresser deux portraits, masculin, feminin, sur la base de points d'ancrage paralèlle à définir pour chacun, selon un questionnaire ( habitudes,goûts,passé,etc...). Mais ayant créé un dialogue d'échange entre les personnages, mon texte n'a pas respecté la consigne initiale. Par honnêteté envers la communauté je me devais, en ne le publiant qu'ici, tel quel,de le signaler.

ELLE :


Image Hosted by ImageShack.us



« Voyez vous je souhaiterai faire plus ample connaissance avant une rencontre. Ne pourrions nous pas nous écrire ? J’aime écrire. J’ai toujours dans mes poches un petit crayon. C’est si vite passée une idée, si furtive une senteur inhabituelle, si fugace la sensation d’un bien-être. Alors je note, au hasard, un coin de chéquier, un mouchoir en papier, tout me va.
Non, je ne vous enverrai pas mes bribes chiffonnées, ni même un beau papier teinté à l’ancienne, au décor gracieux suranné, le clavier me convient aussi ! Tenez, je vais vous révéler un secret, un peu d’intimité en somme, juste pour nous rapprocher : J’adore me promener à pied puis rester en silence au bord d’une falaise qui domine la mer, assise à même le sol. Le contact de la terre, l’air chargé d’iode, et l’espace, l’espace à la fois reposant et inquiétant, évasion et mystère de l’inconnu.. Je fais régulièrement cet étrange rêve d’un chemin escarpé très pentu qui descend en serpentant vers l’océan, et m’entraîne en frôlant le vide. Le paysage sublime m’invite à défier le danger, exaltation et peur au ventre. Fascination et angoisse. J’aime cette dualité …Mais je m’aventure déjà dans les confidences, et en sais trop peu de vous. Restons, voulez vous,  « en surface »  (n’y voyez aucun jeu de langage de ma part, je vous prie). Aimez vous les chiens? »

LUI :

Image Hosted by ImageShack.us

« Faire connaissance ? Pourquoi dans ce cas ne pas se parler ? Bon, aujourd’hui, je veux bien écrire pour te répondre mais c’est tellement plus facile d’utiliser son portable, j’entendrai ta voix, tu découvriras la mienne. C’est révélateur une voix, tu sais. J’ai toujours avec moi dans ma poche ce bijou technologique irremplaçable, je fais tout avec, c’est mon appareil photo, mon mémo, mon horloge, mon ordi ! Sans lui ? Imagine- tu un monde sans contact auditif ? La parole a été donnée à l’homme ou plus exactement il l’a découverte, pour faciliter les échanges. Le « silence des espaces », pour ne pas reprendre un poète que vous, excuse moi, je mélange tu et vous, tu c’est plus simple, non ? Donc que TU dois aimer,  moi, ils m’effraient ! J’aime la ville et son fourmillement, là est la vie. Le pire de mes cauchemars, celui qui parfois me fait me réveiller la nuit je vais te le raconter. Puisque tu as parlé d’intimité, allons y : Je suis dans une ville que je ne reconnais plus, les rues en sont vides, je cherche mon chemin pour regagner ma voiture que j’ai garée quelque part--je ne me déplace jamais sans elle,  pourquoi se priver des facilités du progrès, et puis j’aime bien sentir l’odeur du cuir , les vibrations du moteur quand je la « pousse un peu »-- donc, je te disais, je cherche mais j’erre dans un dédale incroyable et, tiens-toi bien, personne, non, personne à qui demander un renseignement ! L’horreur ! Des sueurs froides !
 Tu aimes la dualité ? Je crois qu’entre nous elle serait importante ! On peut toujours essayer, tu m’écris, je te réponds par téléphone. C’est une solution, Non ?

Au fait, oui, j’aime les chiens ».


La typographie, que j'ai choisie différente, est aussi un reflet des portraits.

 

LASIDONIE


Votre trace ici - Leur trace ( 20 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 03:32


De l'humour en image, sur un sujet qui n'y prête guère, une façon de relativiser ?

Fatigué !


Image Hosted by ImageShack.us

 

Combien de fois entendu, prononcé, cet aveu de lassitude qui s’empare des corps, des esprits, ou des cœurs, d’impuissance devant l’incontrôlable, sorte d’engourdissement qui, à des degrés divers, fait souffrir. Car toute une gamme de sensations s’exprime à travers ce seul mot.

 "Je suis fatigué", dira celle-ci,  celui-ci, en rentrant après une longue journée passé hors du chez soi, simple constat du poids pesant sur les épaules qui s’allège au fil de la soirée.

 "Je suis fatigué", dira cet autre, après un effort physique, sport, activité de loisir soutenue. Un bon fauteuil, du  repos, le bien-être remplace peu à peu la sensation désagréable.

 "Tu me fatigues ! " Exclamation d’énervement de la maman surmenée, dont l’esprit rejette cris ou agitation de ses bambins, fatigue qui peut devenir de l’exaspération lorsqu’il s’agit de tenir la bride à des adolescents exigeants, ou faire face à un conflit verbal avec un partenaire.

 "Tout me fatigue", soupire celui, celle, dont les pensées tournent à vide, incapable d’accrocher un regard de plaisir dans son univers. L’esprit engourdi s’endort dans le désintérêt passif, puis, un jour, une lueur…

 "Comme je suis fatigué ! " Expression du ressenti de celui, celle, que la maladie a pris pour cible, corps abandonné au mal, qui peine à résister, mais qui vaincra.

 Fatigues murmurées, ou clamées, sont comme à demi soulagées par cet aveu, sorte d’appel à l’écoute, des autres, de soi-même.

 Mais combien plus grave, plus douloureux le « je suis fatigué » intériorisé, un « je n’en peux plus » des cœurs, déçus, désespérés, ballottés dans leurs contradictions, prisonnier d’une souffrance morale qui les prive de toute joie, de tout avenir ! Un mot griffonné un jour, sur une table de chevet, avant le grand départ…

 

Souffrance des corps, souffrance des âmes, tant de choses dans ce mot banal :  

FATIGUE…



LASIDONIE

 


Votre trace ici - Leur trace ( 12 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose - Communauté : papierlibre
Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 00:52

 




Laisser exister le chagrin retenu, dénouer le nœud qui entortille l’estomac, vrille l’esprit, obscurcit les minutes qui lui échappent, imperturbablement martèlent les distances d’avec ce que sa raison,  son cœur refusent d’assumer, qu’elle voudrait retenir…Oh ! Dire !

Elle aurait voulu couvrir le  papier de ces mots qui l’étouffent, qu’elle doit contenir : les écrire serait donner vie à ce qui ne peut, ne doit pas exister ailleurs que dans le secret de la pensée. Alors, seulement, être capable de décrire ce mal qui dés le réveil, quel qu’en soit le moment, nuit noire ou petit jour, mord, envahit la poitrine, chemine dans la gorge, fait plisser le visage et se répand entre les paupières fermées. Banalité de l'expression populaire « verser des torrents de larmes » ! Pourtant ce qui se fraie un chemin du cœur aux yeux, qui échappe à tout contrôle, toute volonté, secoue tout le corps, ressemble bien à cette eau dévastatrice charriant avec elle débris des rêves morts ou bientôt morts.

Image Hosted by ImageShack.us

 

Ce n’est pas une eau claire, purificatrice, celle  qui s’enfonce, absorbée par les profondeurs, nourriture d’une terre qui renaîtra, revivifiée. Non, c’est une eau grise sans cesse alimentée par un tourbillon d’images, un passé toujours présent en soi qui ne veut pas céder la place. Elle en a mal à en crier, sa pensée s’anéantit dans les sanglots, le vide s’installe. N’existe que la sensation d’être tout entière contenue dans ce flot qui s’échappe, cogne, secoue le corps recru de fatigue, recroquevillé dans son repli du monde, fœtus refusant la vie. Par instants la lucidité revient, si pitoyable, affaiblie, confrontée à l’absurde : Rien ne pourra changer de ce qui est. Sa mémoire semble assoupie, compatissante. Un répit… Quel leurre ! Un écho soudain : mot, bribes de musique, couleurs d’une image, redonnent au torrent toute sa force, sa violence. Dormir, dormir, elle l’appelle avec désespoir le sommeil, le supplie de la guider hors des frontières de cette douleur qui n’en finit pas, vers le noir absolu, le trou noir avaleur d’étoiles...

LASIDONIE
6-12-07

 


Votre trace ici - Leur trace ( 10 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose - Communauté : papierlibre
Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 00:31


  Un deuxieme volet, de réflexion cette fois ci :



  Il se produit dans toute existence un moment, « tôt ou tard » où sans qu’on le veuille la pensée se pose sur ce que l’on a réalisé, ce qui a échoué.

Je n’ai pas échappé à cette règle !


Image Hosted by ImageShack.us

 

  Ce que je considère comme un échec dans ma vie ---qui n’en n’a pas eu --- : l’incapacité de balayer le ''un peu tard,''trop tôt ou'' très tard.''  Pourtant depuis cette mésaventure d’enfance que j’ai évoquée dans un court récit  (voir ‘l'’horloge  et la petite fille’’ )  j'essaye d'être "à l'heure" !

Mais Noël, la fête, allez vous dire, vous aussi, ce n'est pas l'heure pour ce genre de prose !
Si c'était justement un temps de réflexion,  de " bilan" ?
Je me suis rendue compte que, pour moi, il est souvent  « trop tôt, trop tard ».

Téléphoner à des amis ? Des parents ? Tard ! Pas le moment !

Rendre une visite ? Heure peu propice, un peu tôt.

***Se rendre au restaurant , à une invitation ? Pas juste à l'heure, trop tôt ! et surtout pas trop tard...

***Avoir une discussion lorsqu’il y a conflit ? Très, très, tard !

***Rattraper les choses incontrôlées, les erreurs désagréables, modifier les situations enkystées ? Beaucoup trop tard !

Paralysie de l'horloge ou ...peur du contact !


Pour beaucoup l’heure n’est jamais un souci, les rapports avec les autres sont ainsi bien plus simples !

Pour ma part j’ai pris conscience trop tard de ce que je pouvais être –je ne peux dire « ce que je suis » tant il est difficile de se cerner-- de ce que j'aurais voulu pour mon devenir ; J’ai su trop tard ce qui fait l'unique prix de l’existence et désormais il est beaucoup trop tard pour faire en sorte de l'obtenir !

La meilleure des épitaphes pour me résumer serait :

'' Même toi, ô mort, tu es arrivée tard.''   

Et ce, quelle qu’en soit la date, tôt, ou tard… 

  

Un peu de clarté amère envers soi-même, il arrive que l’on en soit capable  :  n’avoir pas su choisir, discerner, la bonne heure.

Comme l’a écrit Flaubert "le meilleur de la vie se passe à dire il est trop tôt, puis, il est trop tard’’.

Le meilleur est passé, l’heure ne compte plus, la présente si peu, il est un peu tard pour l’avoir admis ! Mais pour finir sur une pirouette de clown triste--les clowns sont rarement gais : Encore un peu tôt pour un bilan final ….Et tard pour mes yeux fatigués..



LASIDONIE





Votre trace ici - Leur trace ( 11 ) - Par lasidonie - Publié dans : courts textes en prose
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés