Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 10:02

 

 

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    Ô ce voyage de la nuit !

Il me livre sans défense

Au hasard, à sa puissance !

Tous mes silences habités,

Témoins discrets de joie semée,

D’heureuses haltes partagées,

 Que sont ils devenus ?

L’ombre vacille, tournoie

Messagère funeste

De ce qui n’est plus

Paroles étouffées

Petits mots confondus

Amoureux, oubliés,

Qui glissent leur défroque

Dans le hall des souvenirs.

Et le jour diffère de se lever

Pour laisser exister

L’illusion d’autrefois

Mes pensées s’égarent

La clarté m’échappe

Dans ce curieux brouillard

Je ne vois d’elle,

Qu’une pauvre chandelle

Prête à mourir

Au moindre vent.

Dans les plis froissés de ma mémoire

 Cheminent des murmures tendres

Le souffle, aux doux soupirs, ressemble.

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Peu à peu des sensations nouvelles,

S’insinuent par fragments

Effleurement si léger

Que la faible lumière ne tremble

Sous son enveloppe ténébreuse

Et l’aube rieuse, paresseuse

A son tour s’étire, traîne

 S’enroule, pour épouser

Les dernières volutes éthérées

 De son amoureuse nuit.

La lueur se fait caressante aurore,

Vient apaiser mes peurs

Délaver les insupportables images

Sous le regard languissant

 D’un matin qui se prépare

A cotonner le cœur

Pour un autre ravaudage !

 

********* 

 

    Je traverse une période sombre, très  difficile, aussi Je ne pourrai qu'épisodiquement venir sur blogs , mais je reste attachée à ces liens crées avec vous depuis toutes ces années ; vos visites sont plaisir renouvelé. Merci.

J'avais préparé deux publications en avance ;  Ensuite... je l'espère, viendront des jours meilleurs !

 

    SIDO

 



Votre trace ici - Leur trace ( 19 ) - Par lasidonie - Publié dans : poésie libre - Communauté : Poésie française
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Commentaires

Très beau poème, très émouvant. En effet, si tu traverses une période difficile, j'espère que celle-ci peu à peu s'apaise - comme toutes choses.
Commentaire n°1 posté par Valentine le 06/11/2011 à 00h15
Se raccrocher aux joies d'autrefois pour laisser place à l'espoir. C'est ce que me dit ton poème et ton dernier commentaire. Que serions-nous sans l'espoir ? Je traverse aussi une période sombre et t'envoie un peu de bleu pour y accrocher tes mots.
Commentaire n°2 posté par robert le 11/10/2011 à 11h30
Bonsoir Sido

Je reste touchée par ton passage, car de moi-même, depuis ++ semaines, je me contente de visiter les blogs qui me laissent un commentaire .Pour cause,moi-même avec comme toi, une période sombre depuis le mois de juin , différente de la tienne, mais certes encore déprimante . Je reste épuisée et sans motivation, nourrissant de-ci et de-là la page de mon blog d'une phtoto et d'une participation régulière au coucou .Alors tout s'amenuise ..Tu écris toujours aussi bien, toujours de belles photos et ce plaisir à te lire
Gros bisous à toi ( je n'ai plus ton adresse de messagerie,perdue dans l'ordi en panne)
Commentaire n°3 posté par Mamylilou le 09/10/2011 à 19h41
Bonjour chère Sido,

Je ne t'oubliais pas alors merci à toi pour ta belle sensibilité et la poésie que tu nous délivres... je te dis à tout bientôt, des bises amicales !
Commentaire n°4 posté par Joëlle le 09/10/2011 à 08h40
quand je vois ce genre d'articles je sais pourquoi he continues à venir sur les blogs...merci bcp
besos
tilk
Commentaire n°5 posté par tilk le 08/10/2011 à 21h28
Bonjour Sido ,
Désolée d'apprendre ce passage dans un *trou d'air* qui te mine le moral ,j'espère que l'escale prôchaine te verras plus en forme .Nocturne s'englue dans les ombres de la nuit comme dans *la danse des furies de Gluck* ce grincement incessant qui cogne comme le volet sur le mur et martele la tête en attendant les premières lueurs de l'aube salvatrice, celle-ci chargée du parfum des fleurs , dernières roses au jardin .
Je te souhaite des aubes lumineuses et t'envoie tout mon réconfort , bises .
Commentaire n°6 posté par françoisedu80 le 08/10/2011 à 20h24
Que l'aube nouvelle devienne cette rosée du matin qui perle ce bonheur en larmes de vie ! bisous !
Commentaire n°7 posté par souvienstoi le 05/10/2011 à 15h37
bonjour ...j'espère que ca va ?
et pour célébrer ce début d'octobre avec le soleil un long poème ...

Alfred de MUSSET (1810-1857)

La nuit d'octobre

LE POÈTE

Le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve.
Je n'en puis comparer le lointain souvenir
Qu'à ces brouillards légers que l'aurore soulève,
Et qu'avec la rosée on voit s'évanouir.

LA MUSE

Qu'aviez-vous donc, ô mon poète !
Et quelle est la peine secrète
Qui de moi vous a séparé ?
Hélas ! je m'en ressens encore.
Quel est donc ce mal que j'ignore
Et dont j'ai si longtemps pleuré ?

LE POÈTE

C'était un mal vulgaire et bien connu des hommes ;
Mais, lorsque nous avons quelque ennui dans le coeur,
Nous nous imaginons, pauvres fous que nous sommes,
Que personne avant nous n'a senti la douleur.

LA MUSE

Il n'est de vulgaire chagrin
Que celui d'une âme vulgaire.
Ami, que ce triste mystère
S'échappe aujourd'hui de ton sein.
Crois-moi, parle avec confiance ;
Le sévère dieu du silence
Est un des frères de la Mort ;
En se plaignant on se console,
Et quelquefois une parole
Nous a délivrés d'un remord.

LE POÈTE

S'il fallait maintenant parler de ma souffrance,
Je ne sais trop quel nom elle devrait porter,
Si c'est amour, folie, orgueil, expérience,
Ni si personne au monde en pourrait profiter.
Je veux bien toutefois t'en raconter l'histoire,
Puisque nous voilà seuls, assis près du foyer.
Prends cette lyre, approche, et laisse ma mémoire
Au son de tes accords doucement s'éveiller.

LA MUSE

Avant de me dire ta peine,
Ô poète ! en es-tu guéri ?
Songe qu'il t'en faut aujourd'hui
Parler sans amour et sans haine.
S'il te souvient que j'ai reçu
Le doux nom de consolatrice,
Ne fais pas de moi la complice
Des passions qui t'ont perdu,

LE POÈTE

Je suis si bien guéri de cette maladie,
Que j'en doute parfois lorsque j'y veux songer ;
Et quand je pense aux lieux où j'ai risqué ma vie,
J'y crois voir à ma place un visage étranger.
Muse, sois donc sans crainte ; au souffle qui t'inspire
Nous pouvons sans péril tous deux nous confier.
Il est doux de pleurer, il est doux de sourire
Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.

LA MUSE

Comme une mère vigilante
Au berceau d'un fils bien-aimé,
Ainsi je me penche tremblante
Sur ce coeur qui m'était fermé.
Parle, ami, - ma lyre attentive
D'une note faible et plaintive
Suit déjà l'accent de ta voix,
Et dans un rayon de lumière,
Comme une vision légère,
Passent les ombres d'autrefois.

LE POÈTE

Jours de travail ! seuls jours où j'ai vécu !
Ô trois fois chère solitude !
Dieu soit loué, j'y suis donc revenu,
À ce vieux cabinet d'étude !
Pauvre réduit, murs tant de fois déserts,
Fauteuils poudreux, lampe fidèle,
Ô mon palais, mon petit univers,
Et toi, Muse, ô jeune immortelle,
Dieu soit loué, nous allons donc chanter !
Oui, je veux vous ouvrir mon âme,
Vous saurez tout, et je vais vous conter
Le mal que peut faire une femme ;
Car c'en est une, ô mes pauvres amis
(Hélas ! vous le saviez peut-être),
C'est une femme à qui je fus soumis,
Comme le serf l'est à son maître.
Joug détesté ! c'est par là que mon coeur
Perdit sa force et sa jeunesse ; -
Et cependant, auprès de ma maîtresse,
J'avais entrevu le bonheur.
Près du ruisseau, quand nous marchions ensemble,
Le soir, sur le sable argentin,
Quand devant nous le blanc spectre du tremble
De loin nous montrait le chemin ;
Je vois encore, aux rayons de la lune,
Ce beau corps plier dans mes bras...
N'en parlons plus... - je ne prévoyais pas
Où me conduirait la Fortune.
Sans doute alors la colère des dieux
Avait besoin d'une victime ;
Car elle m'a puni comme d'un crime
D'avoir essayé d'être heureux.

LA MUSE

L'image d'un doux souvenir
Vient de s'offrir à ta pensée.
Sur la trace qu'il a laissée
Pourquoi crains-tu de revenir ?
Est-ce faire un récit fidèle
Que de renier ses beaux jours ?
Si ta fortune fut cruelle,
Jeune homme, fais du moins comme elle,
Souris à tes premiers amours.

LE POÈTE

Non, - c'est à mes malheurs que je prétends sourire.
Muse, je te l'ai dit : je veux, sans passion,
Te conter mes ennuis, mes rêves, mon délire,
Et t'en dire le temps, l'heure et l'occasion.
C'était, il m'en souvient, par une nuit d'automne,
Triste et froide, à peu près semblable à celle-ci ;
Le murmure du vent, de son bruit monotone,
Dans mon cerveau lassé berçait mon noir souci.
J'étais à la fenêtre, attendant ma maîtresse ;
Et, tout en écoutant dans cette obscurité,
Je me sentais dans l'âme une telle détresse
Qu'il me vint le soupçon d'une infidélité.
La rue où je logeais était sombre et déserte ;
Quelques ombres passaient, un falot à la main ;
Quand la bise sifflait dans la porte entr'ouverte,
On entendait de loin comme un soupir humain.
Je ne sais, à vrai dire, à quel fâcheux présage
Mon esprit inquiet alors s'abandonna.
Je rappelais en vain un reste de courage,
Et me sentis frémir lorsque l'heure sonna.
Elle ne venait pas. Seul, la tête baissée,
Je regardai longtemps les murs et le chemin, -
Et je ne t'ai pas dit quelle ardeur insensée
Cette inconstante femme allumait en mon sein ;
Je n'aimais qu'elle au monde, et vivre un jour sans elle
Me semblait un destin plus affreux que la mort.
Je me souviens pourtant qu'en cette nuit cruelle
Pour briser mon lien je fis un long effort.
Je la nommai cent fois perfide et déloyale,
Je comptai tous les maux qu'elle m'avait causés.
Hélas ! au souvenir de sa beauté fatale,
Quels maux et quels chagrins n'étaient pas apaisés !
Le jour parut enfin. - Las d'une vaine attente,
Sur le bord du balcon je m'étais assoupi ;
Je rouvris la paupière à l'aurore naissante,
Et je laissai flotter mon regard ébloui.
Tout à coup, au détour de l'étroite ruelle,
J'entends sur le gravier marcher à petit bruit...
Grand Dieu ! préservez-moi ! je l'aperçois, c'est elle ;
Elle entre. - D'où viens-tu ? Qu'as-tu fait cette nuit ?
Réponds, que me veux-tu ? qui t'amène à cette heure ?
Ce beau corps, jusqu'au jour, où s'est-il étendu ?
Tandis qu'à ce balcon, seul, je veille et je pleure,
En quel lieu, dans quel lit, à qui souriais-tu ?
Perfide ! audacieuse ! est-il encor possible
Que tu viennes offrir ta bouche à mes baisers ?
Que demandes-tu donc ? par quelle soif horrible
Oses-tu m'attirer dans tes bras épuisés ?
Va-t'en, retire-toi, spectre de ma maîtresse !
Rentre dans ton tombeau, si tu t'en es levé ;
Laisse-moi pour toujours oublier ma jeunesse,
Et, quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé !

LA MUSE

Apaise-toi, je t'en conjure ;
Tes paroles m'ont fait frémir.
Ô mon bien-aimé ! ta blessure
Est encor prête à se rouvrir.
Hélas ! elle est donc bien profonde ?
Et les misères de ce monde
Sont si lentes à s'effacer !
Oublie, enfant, et de ton âme
Chasse le nom de cette femme,
Que je ne veux pas prononcer.

LE POÈTE

Honte à toi qui la première
M'as appris la trahison,
Et d'horreur et de colère
M'as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l'oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l'ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
C'est ta voix, c'est ton sourire,
C'est ton regard corrupteur,
Qui m'ont appris à maudire
Jusqu'au semblant du bonheur ;
C'est ta jeunesse et tes charmes
Qui m'ont fait désespérer,
Et si je doute des larmes,
C'est que je t'ai vu pleurer.
Honte à toi, j'étais encore
Aussi simple qu'un enfant ;
Comme une fleur à l'aurore,
Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.
Certes, ce coeur sans défense
Put sans peine être abusé ;
Mais lui laisser l'innocence
Était encor plus aisé.
Honte à toi ! tu fus la mère
De mes premières douleurs,
Et tu fis de ma paupière
Jaillir la source des pleurs !
Elle coule, sois-en sûre,
Et rien ne la tarira ;
Elle sort d'une blessure
Qui jamais ne guérira ;
Mais dans cette source amère
Du moins je me laverai,
Et j'y laisserai, j'espère,
Ton souvenir abhorré !

LA MUSE

Poète, c'est assez. Auprès d'une infidèle,
Quand ton illusion n'aurait duré qu'un jour,
N'outrage pas ce jour lorsque tu parles d'elle ;
Si tu veux être aimé, respecte ton amour.
Si l'effort est trop grand pour la faiblesse humaine
De pardonner les maux qui nous viennent d'autrui,
Épargne-toi du moins le tourment de la haine ;
À défaut du pardon, laisse venir l'oubli.
Les morts dorment en paix dans le sein de la terre :
Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints.
Ces reliques du coeur ont aussi leur poussière ;
Sur leurs restes sacrés ne portons pas les mains.
Commentaire n°8 posté par Linda & Picasso :: le 02/10/2011 à 11h02
Est ce que ce beau poème nocturne serait trace d'un regard amoindri, je te souhaite de belles aurores plus lumineuses les unes que les autres, les hommes comme la nature en ce domaine font souvent des merveilles pour redonner sourire aux âmes tourmentées.
Garde courage Sido en ces jours difficiles pour toi, je te souhaite tout le meilleur à venir, je t'embrasse bien amicalement
Commentaire n°9 posté par Crépusculine le 01/10/2011 à 18h44
en ce doux dimanche un petit cadeau poétique ...

Sensation



Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.


Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.



Arthur Rimbaud
Commentaire n°10 posté par Linda & Picasso :: le 25/09/2011 à 12h25
Bonjour mon Amie trop souvent laissée au silence (sourire)
Que la lumière soit complice de tes jours à venir et la douceur aussi.
Commentaire n°11 posté par michel gonnet le 24/09/2011 à 23h46
J'espère que cette période sombre sera éphémère et te le souhaite en tout cas. Je ne vis pas des moments faciles non plus, mais il faut aller de l'avant.
Commentaire n°12 posté par robert le 22/09/2011 à 21h20
C'est beau et douloureux, oui c'est beau.

A bientôt douce Sido... mes belles pensées vers vous
Commentaire n°13 posté par Maria-D le 19/09/2011 à 23h33
Fort et déchirant, dures beautés rythme doux, remarquable... espérant le mieux possible pour toi.
Bises, Jean-Claude
Commentaire n°14 posté par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) le 19/09/2011 à 09h43
Partagée entre la joie de te retrouver et la tristesse de ce que tu écris, je te souhaite très vite des jours meilleures et beaucoup d'apaisement en poésie.
Commentaire n°15 posté par ABC le 18/09/2011 à 22h58
Les matins réparent heureusement souvent les troubles de nos nuits.
Je t'envoie toute mon amitié, Sido, et je souhaite du fond du coeur que ces moments difficiles ne seront bientôt que mauvais souvenirs.
Bisous
Commentaire n°16 posté par Matheo le 17/09/2011 à 08h31
…Mais la splendeur de certains matins
La somptuosité de certains soirs
Malgré la détresse du jour ou de la nuit
Les vrais trésors sont offerts à tout le monde
On ne peut les acheter ni les refuser
On ne peut qu’ouvrir son cœur à cette beauté qui ruisselle

bises, Sido
alainB
Commentaire n°17 posté par alain BARRE le 17/09/2011 à 07h52
C'est très beau. J'aime vraiment ta poésie. Bon courage Sido : la lumière de l'aube est au bout de la nuit. Bisous
Commentaire n°18 posté par Martine Eglantine le 16/09/2011 à 19h58
très beau d'autant plus que c'est rare
Commentaire n°19 posté par juliette le 16/09/2011 à 17h43
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